L’Odorat Des Enfants

Mis à jour : 29 sept. 2019



L’odorat est un sens à part car avec lui l’émotion passe toujours avant la raison. Son leitmotiv: Ressentir avant de Sentir.


On ne sent ni avec son nez ni avec sa bouche; qui ne sont que des cheminées; on sent avec son cerveau limbique notre gardien du souvenir.


Lorsque l’on sent une rondelle de citron ses molécules aromatiques vont emprunter l’air inspiré puis venir titiller des récepteurs tapis au fond de notre nez : les cils olfactifs. Directement reliés à notre cerveau, ces cils vont envoyer des messages odorants qui vont se transformer en sensations, en évocations, en souvenirs. C’est un peu comme si l’on sentait à travers un filtre à émotions et que chaque odeur était un concentré de notre vie intime.


Citron = zeste, jaune, fruit, acide, pétillant, aigu, jardin italien, gâteau de mamie, liquide vaisselle…

Dans la culture occidentale, l’odorat est le sens oublié. A part une éducation hygiénique très subjective et manichéenne des bonnes et mauvaises odeurs, aucun manuel n’apprend à l’enfant à se servir de son nez.


Pourtant, il est né avec un patrimoine olfactif maternel qui ne demande qu’à s’enrichir. Il a gardé ce réflexe d’explorer le monde qui l’entoure par retro olfaction : en sentant avec sa bouche. Jusqu’à ses quatre ans, il a un sens de l’odorat en alerte toujours avide de nouvelles expériences. C’est un collectionneur d’odeurs, il les sent, les ressent puis en garde 35% du souvenir contrairement aux yeux qui ne retiennent que 15%, l’oreille 5% et le toucher 1%.


Sans éducation, il se contente de les cataloguer selon son propre vécu, de se faire un représentation mentale de l’odeur adjointe d’une dimension affective... Odeur d’herbe coupée : papa tondeuse, jardin, printemps, wwe... Très sollicité par les images et les sons, il va progressivement se désintéresser des odeurs et ne plus chercher à les apprivoiser.

 © 2019 Emanezsens 

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